Tameshiwari, le travail de casse dans le karaté-do Uechi ryu

Le karaté-do comporte de nombreuses techniques qu'il est très difficile d'explorer pleinement en une vie de karatéka et encore plus difficile d'apprendre au dojo lors des entraînements hebdomadaires qui restent pour un grand nombre de pratiquants, un loisir parmi d'autres. Pour pouvoir dire un jour, je connais le karaté-do, il faut avoir consacré une grande partie de sa vie à son étude, si ce n'est pas sa vie entière.
Qu'il s'agisse de techniques rares, très spécifiques, parfois obscures ou encore des techniques plus acrobatiques et moins martiales comme les coups de pieds sautés ou retournés, le karaté-do offre ce panel foisonnant et presque inépuisable pour le pratiquant curieux d'en découvrir chaque fois davantage.

Parmi les techniques rares qui ne sont pas communes à tous les styles de karaté-do, attardons-nous quelques instants sur les tameshiwari. Ces exercices, vous les connaissez tous sous leur nom français, la casse. Il s'agit pour le pratiquant de tester ses capacités physiques et mentales sur un objet, généralement en bois ou en brique, mais cela peut aussi être de la glace ou des fruits. Ces exercices de casse sont très impressionnants et nécessitent beaucoup de pratique ainsi que l'indispensable enseignement d'un sensei qualifié pour être abordés.

La démonstration d'une casse peut paraître à la fois très impressionnante mais dans le même temps, relativement facile. C'est en tout cas la perception qu'on peut en avoir lorsqu'on est novice en matière d'art martiaux. Il est vrai que nombre de démonstrations ont lieu chaque année dans de nombreux festivals, et il m'a déjà été rapporté de la part de spectateurs que les planches qui avaient été cassées leurs avaient semblé bien minces, voir truquées. Ce sont des commentaires qu'on entend parfois et qu'il faut savoir prendre en compte et analyser.

Toutes les casses ne se ressemblent pas et chacune nécessite des connaissances et un entraînement très patriculier. La casse de planche que l'on rencontre dans de nombreux festivals d'arts martiaux est un exercice bien spécifique, qui utilise évidemment des planches elles-mêmes bien spécifiques. Pas question de donner une planche de chêne de 4 cm à casser comme cela, cela n'aurait pas de sens. Les planches utilisées sont généralement en bois blanc (du pin) et mesurent souvent 1 cm d'épaisseur. Le but n'est pas de se fracturer la main sur un objet trop dur, le but est de montrer la capacité à canaliser son énergie en un point précis, le point d'impact qui pourra faire que le planche se brisera, car l'énergie que l'on est capable de concentrée le permettra. La manière de tenir la planche à également son importance. Une somme de petit détails qui font que ce travail de casse est possible lors d'un gala.

D'autres casses sont bien moins aisées, la casse de pain de glace est un exercice périlleux qui nécessite une grande dextérité et énormément d'entraînement pour y arriver. Là aussi on entend parfois dans les gradins de curieux commentaires, "il suffit de casser le premier pain et les autres suivent". J'invite ceux qui en sont aussi certains de d'abord essayer avec un pain de glace avant d'être aussi sûrs de leur déduction. Il existe également des casses plus marginales et très impressionnantes comme celles des bouteilles d'alcool en verre, parfois posées ou parfois suspendues. La casse est alors éminemment compliquée et risquée pour l'intégrité des os de la main de pratiquant. 


Les casses que je vais à présent vous présenter, sont parmi les plus difficiles et les plus impressionnantes car elles font appel à des objets comme des battes de baseball ou des bâton de bois très dur frappés sur des zones très sensibles du corps humain. Des années d'endurcissement sont nécessaires pour les réaliser et encore, le risque est toujours présent. On les rencontre plus particulièrement dans les karaté-do traditionnels d'Okinawa. Pour exemple, afin de vous donner un bref aperçu du travail de casse, voici une vidéo de Kiyohide Shinjo sensei, 9e dan de karaté-do Uechi Ryu. Il démontre quelques exercices de combat et plusieurs techniques de casse. Impressionnant! Mais à ne pas reproduire chez soi sans avoir suivi les cours d'un sensei à même de vous guider et de vous permettre d'acquérir les rudiments pour entamer de tels exercices qui pourraient s'avérer dangereux.

 

 


 

Kiyohide Shinjo sensei (新城 清秀)  est un maître de karaté d'Okinawa, il pratique le style Uechi ryu et est 9e dan.

Il est âgé de 66 ans.

Il enseigne  dans son dojo, à Kadena sur l'île d'Okinawa mais participe régulièrement à des stages à l'étranger.



Uechi ryu

Ce style de karaté do d'Okinawa a été créé par Kambun Uechi 上地完文. Il étudia les arts martiaux en Chine durant plusieurs années avant de revenir au Japon pour fonder sa propre école. Il décédé en 1948.

Kambun Uechi


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